Eulophia alta (L.) Fawc. & Rendle, une orchidée tropicale terrestre

Dessin sur papier avec rehauts à la plume, entre 1687 et 1704, <em>Americanarum plantarum icones</em>, tome 1 f° 188.

Eulophia alta (L.) Fawc. & Rendle, une orchidée tropicale terrestre

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Eulophia alta (L.) Fawc. & Rendle par Charles Plumier

Dessin sur papier avec rehauts à la plume, entre 1687 et 1704, Americanarum plantarum icones, tome 1 f° 188.

Bibliothèque de l’Institut de France, collection Benjamin Delessert, ms. 980.

Description botanique

Originaire de zones tropicales à subtropicales, Eulophia alta (L.) Fawc. & Rendle est une des rares orchidées terrestres de ces régions, où la plupart sont épiphytes*. Elle est particulièrement grande : de son bulbe souterrain, partent de longues feuilles et une tige robuste portant une inflorescence* dressée, pouvant atteindre un mètre cinquante de haut. Ses fleurs sont vert-jaune, teintées de rouge et ses fruits sont de grosses capsules* pendantes.
L’habitat d’Eulophia alta (L.) Fawc. & Rendle correspond à des milieux modérément humides, en lisière de forêt ou au bord des routes, environnements de passage susceptibles d’être dégradés par la présence et les actions humaines.
Les orchidées constituent une des familles botaniques les plus diversifiées, comptant plus de 25 000 espèces réparties en quelques 800 genres et majoritairement présente dans les régions tropicales. Très appréciées pour les qualités ornementales de leurs fleurs, ces plantes rapportées des empires coloniaux ont conduit à d’importants travaux d’hybridation et de sélection artificielles à l’origine de nombreuses variétés horticoles.

Eulophia alta (L.) Fawc. & Rendle sur le site de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)

*mot défini dans le lexique

De mystérieuses annotations

Les dessins de ce recueil portent tous des notes manuscrites en latin. On ignore quels botanistes célèbres ou quels bibliothécaires savants les ont rédigées au fil des siècles… Elles ont pour but d’identifier l’espèce présentée.
Sous le cadre, « Limodorum altum Linn. » indique le nom sous lequel les botanistes désignèrent l’espèce à la suite de Linné avant qu’elle ne reçoive son nom actuel. Burm. Ic. 189 renvoie à la reproduction gravée du dessin de Plumier dans l’ouvrage Plantarum americanarum édité par Johannes Burman à Amsterdam en 1755-1760, dessin (icon) 189 (voir la galerie complémentaire).

Les Européens et les orchidées : toute une histoire

Les Européens découvrent l’existence des orchidées tropicales au tournant des XVe-XVIe siècles, lorsque Christophe Colomb débarque aux Antilles et observe avec un vif intérêt ces végétaux majoritairement épiphytes, grâce auxquels arbres et arbustes semblent porter une variété de feuilles et de fleurs. Les orchidées asiatiques, depuis longtemps honorées en Chine puis au Japon, et bientôt celles des cinq continents sont ensuite découvertes au fil des expéditions scientifiques successives. Rapportées avec soin, elles posent aux responsables des jardins botaniques européens la difficile question de leur mise en culture et de l’obtention des fleurs. Au XIXe siècle se développe une véritable orchidomania, surtout en Angleterre parmi les élites de l’ère victorienne. Des « chasseurs d’orchidées » explorent les régions tropicales et revendent à prix d’or à cette clientèle fortunée les spécimens les plus beaux et les plus rares.